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La récolte du bois en forêt selon le RAF

La récolte du bois en forêt selon le RAF

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mer. 3 juillet 2013

Association : Réseau pour les Alternatives Forestières

L'article ci-dessous est tiré du journal Anastomoses n°4 d'Avril 2013. Il a été rédigé par Gaëtan du Bus, fondateur de Arbre et Bois Conseil, à partir des contributions du groupe de travail "Charte" du RAF.

Pourquoi récolter du bois en forêt ?

La récolte de bois n'est pas nécessaire à la forêt. Sans elle, l'écosystème s'achemine à son rythme vers un équilibre dynamique. Comme tous les travaux en forêt, le prélèvement de bois se justifie par les besoins de nos sociétés et éventuellement, par une volonté humaine d'accélérer un processus de restauration écologique (après monoculture, coupe rase, drainage, etc). De plus, l'économie d'une forêt ne dépend pas exclusivement de la récolte de bois.

Où et quoi récolter ?

Tout bois produit par la terre n'a pas vocation à être utilisé par l'homme. Les processus naturels de mortalité et de décomposition des arbres sont vitaux pour l'écosystème. On gardera donc en surface et nombre significatifs, dans chaque massif des parties résolument inexploitées, et dans chaque parcelle des bois laissés à leur sort naturel. Les parties mises en réserve intégrale devront être choisies en fonction de leur intérêt écologique et non de leur accessibilité et de leur (faible) valeur économique. Le RAF propose de laisser dans chaque forêt au moins 20% du bois produit par l'écosystème mourir et se décomposer sur place, avec au moins 10% d'espace classé en réserve intégrale.

Les coupes doivent se faire dans le plus grand respect de la continuité de la couverture boisée et du réseau écologique. Les coupes rases (totales) ne se justifient  qu'en cas de dépérissement avéré en peuplement non adapté au sol et au climat du site. Pour le reste, les coupes seront sélectives avec au maximum un quart de volume sur pied exploité à chaque passage.

Les cycles doivent être longs et les arbres exploités non prématurément (ex. un chêne de 150 ans ou un douglas de 60 ans n'ont pas encore atteint la maturité bénéfique à la biodiversité et au sol). Pour faire le choix des arbres à exploiter, la sélection doit se faire au profit:

  • des arbres structurant l'écosystème (hauteur et enracinement, capacité à être semencier) et ayant autant que possible un potentiel de bois d'oeuvre.
  • de la diversité des essences. Les essences secondaires (sans marché actuel) devant également être protégées voir aidées.

Les arbres morts et habités (à cavités) sont à laisser sur pied pour la biodiversité, de même que les arbres de valeur paysagère ou historique. Les branches et les souches ne doivent pas être retirées du bois (retour d'humus et de minéraux au sol).

Comment récolter ?

Si la connaissance de l'écologie forestière est un pré-requis à la sélection des arbres, le marquage préalable des bois n'est pas une obligation: des bûcherons sensibles peuvent sélectionner eux-mêmes les bois au fur et à mesure. En l'absence de bûcheron compétent, un expert ou un technicien peuvent être consultés; dans tous les cas, le développement des connaissances du bûcheron sera favorisé.

  • L'abattage doit se faire hors période de nidification et hors sève, de préférence en lune décroissante et descendante.
  • En toutes situations, envisager d'abord l'abattage manuel et le débardage léger (animal sinon tracteur et remorque à grapin ou éventuellement petit câble-mat).
  • Cantonner la circulation des engins aux pistes de débardage.
  • Etre très prudent en situation de pente et de fonds de vallée et exclure la circulation des engins dans et à proximité des tourbières.
  • Utiliser pour les tronçonneuses les huiles végétales et tant que possible les carburants de type Aspen (sans benzene et toluène).